Points clés à retenir
- Une bonne idée d’entreprise répond à un besoin ou à un désir concret, et souvent hautement émotionnel, chez le client.
- Se lancer pour les mauvaises raisons rend les moments difficiles beaucoup plus douloureux à traverser.
- Ta relation avec l’échec, l’impatience et le temps pèse autant dans ta réussite que la qualité de ton idée.
- Savoir se vendre est une compétence qui se développe sans transgresser ses valeurs, dans une logique gagnant-gagnant.
- Un bon entrepreneur démarre avec les ressources qu’il possède déjà au lieu de se comparer.
- Tout part d’une meilleure connaissance de soi.
- Martin Latulippe est une entrepreneur et conférencier professionnel possédant la désignation Certified Professional Speaking (CSP) et est membre du Temple de la renommée des conférenciers canadiens (reconnaissance des pairs pour l’excellence au fil de sa carrière), a livré plus de 3 500 conférences dans des organisations de toutes tailles et il partage ici, ce que ces 3 500 expériences lui ont appris sur l’art oratoire.
De nombreuses personnes se lancent en affaires pour les mauvaises raisons, par exemple parce qu’elles veulent être libres, être reconnues ou tout simplement gagner plus d’argent. Pourtant, une entreprise vient aussi avec des défis, des échecs et des remises en question.
Le problème, c’est que plusieurs font le grand saut avec une vision idéalisée de leur projet. Comme si cela garantissait automatiquement la liberté, le luxe et ce fameux « style de vie des licornes ». Mais en réalité, ça exige également de la patience, de la résilience et une bonne connaissance de soi.
Après avoir accompagné des milliers d’entrepreneurs, j’ai constaté que certaines questions peuvent faire une vraie différence avant de lancer en affaires. Cela vous permettra de mieux comprendre votre projet, vos motivations profondes et les défis qui s’y présentent.
Ce sont des questions que j’aurais aimé approfondir dès le début pour rendre mon propre parcours un peu plus doux. Voici donc 8 questions à se poser avant de lancer son business.

À quel besoin ou à quel désir répond mon idée ?
Une bonne idée d’entreprise doit apporter quelque chose de concret dans la vie des gens. Même si ça semble farfelu au départ. Il est important de se poser les questions suivantes :
- Est-ce que je réponds à un besoin précis ?
- Est-ce que je soulage une frustration ?
- Est-ce que je viens combler un désir ?
- Est-ce que j’améliore leur situation ?
- Est-ce que j’aide une personne à se sentir autrement ?
Votre client ne fait pas seulement un achat. Derrière sa décision, il y a quelque chose de hautement émotionnel. Il cherche une réponse à sa réalité, à une préoccupation, à une frustration ou à un besoin qu’il souhaite combler.
En d’autres termes, demandez-vous si votre produit ou service répond à un besoin précis ou à un désir que votre client souhaite combler. Vous avez déjà une super bonne piste de réflexion.
Est-ce qu’il y a un marché pour cela et où se situe ce marché et de quoi est constitué ce marché ?
Une fois que vous avez bien compris quel besoin ou quel désir votre idée peut combler, il est important de vous demander si un marché existe pour votre projet.
- Où se situe votre clientèle ?
- Où passe-t-elle son temps ?
- Où va-t-elle chercher de l’information ?
Il est important de vérifier si quelqu’un d’autre rejoint les personnes que vous voulez cibler.
Imaginez que vous puissiez observer votre client avec une caméra qui capte sa réalité, ses irritants et ses frustrations. Ceci permet de créer ce que j’appelle un « marketing compassionnel », c’est-à-dire un marketing beaucoup plus empathique.
Plus votre message reflète le quotidien de cette personne, plus elle aura l’impression que vous vous comprenez déjà.
Vous n’avez pas besoin de tout savoir avant de lancer une entreprise. L’important est de commencer à observer, à chercher et à repérer où votre clientèle est déjà présente.
Plus vous saurez comment elle agit et où elle se situe, plus il sera facile de la rejoindre.
Pourquoi est-ce que je veux devenir entrepreneur ?
Il y a beaucoup de personnes se lancent en affaires pour les mauvaises raisons, par exemple :
- gagner plus d’argent;
- la quête de liberté;
- vivre plus d’abondance;
- être leur propre « boss » .
La réalité, c’est que l’entrepreneuriat vient avec une panoplie de défis et de remises en question. Il faut donc se poser la question du pourquoi. Pourquoi est-ce que je veux devenir entrepreneur ?
Si vous voulez lancer en affaires uniquement pour des raisons superflues. Si votre seul but est de gagner des abonnés, obtenir de la reconnaissance, avoir des clients qui vous aiment ou simplement pour faire de l’argent. Attention, car les moments difficiles risquent d’être extrêmement douloureux à traverser.
Par contre, si votre raison est solide, elle viendra nourrir la braise de votre motivation. Cela même dans les moments les plus difficiles.
Pour approfondir votre réflexion et explorer les raisons profondes qui nous font avancer, je vous suggère d’écouter mon entretien avec José Gaudet sur le thème « Être sur la bonne fréquence.
Quelle est la relation que j’entretiens avec l’adversité, avec l’échec, avec la déception ?
En entrepreneuriat, transformer les épreuves en opportunités doit devenir votre déjeuner ! Plus vous allez développer cette compétence pour maintenir une certaine stabilité émotionnelle et pour vous aider à traverser les moments difficiles.
C’est donc une bonne idée de vous poser les bonnes questions sur la relation que vous entretenez avec l’adversité, l’effort, l’échec, le refus et la déception avant même de vous lancer.
Avoir une relation plus difficile avec ceci ne signifie pas que vous ne pourrez pas progresser. Ça veut simplement dire que vous devrez travailler davantage sur votre capacité à vous adapter, à persévérer et à vous relever lorsque les défis se présenteront.
Cette compétence n’est pas coulée dans le ciment. Elle nécessite du temps, des efforts et de l’expérience.
Dans cette logique, comprendre les 3 types de performance chez l’entrepreneur peut vous aider à mieux voir ce qui soutient votre énergie, votre clarté et votre capacité à avancer malgré les défis.
Toutes ces réflexions vous rapprochent d’une entreprise dont vous pourrez être fier dans quelques années.

Quelle est ma relation avec le temps ?
Quand on se lance en affaires, on fait souvent face à une émotion qu’on appelle l’impatience.
On veut réussir rapidement, comme si notre idée pouvait être mise au micro-ondes et connaître le succès en 5 minutes.
Nous désirons obtenir de bons coups financiers, une bonne audience, une clientèle fidèle, des fans ou des adhérents le plus rapidement possible. Toutefois, toute entreprise qui en vaut la peine demande une période de gestation.
Si vous vous sentez constamment impatient, en réaction, en train de vous dire que ce n’est pas assez, vous risquez de vous faire une grande violence psychologique.
Si votre relation avec le passé est marquée par des sentiments de « j’aurais dû », de regret ou de culpabilité, cela peut s’avérer contre-productif et autosaboter vos projets.
L’objectif n’est pas de cesser de viser l’excellence. Mais plutôt d’apprendre à tempérer vos attentes.
Quelle est ma relation avec l’idée de me vendre ou de vendre mon idée ou mon produit ?
Au cours de mes 20 dernières années, j’ai accompagné beaucoup d’entrepreneurs à ce sujet. Plusieurs sont très bons pour recommander les produits et services des autres, mais ils sont très mauvais pour parler d’eux-mêmes et de leur propre offre.
La capacité de se vendre est une compétence qui se développe sans avoir à transgresser ses valeurs. L’influence est omniprésente dans notre vie quotidienne. Un parent guide ses enfants. Un dirigeant inspire son équipe. Un acteur communautaire peut essayer de convaincre une entreprise de soutenir sa cause.
Le problème est que l’influence a souvent eu mauvaise presse dans le monde francophone. On oublie qu’on peut influencer, inspirer et vendre dans une logique gagnant-gagnant.
Au début de ma carrière, j’ai parfois offert mes services gratuitement ou à des prix dérisoires. J’ai dû apprendre à reconnaître la valeur de mon travail et à l’aborder avec plus de confiance.
La vente est une compétence qu’on acquiert avec de l’expérience et de la pratique. Plus vous aurez une bonne compréhension de la valeur que vous apportez, plus il vous sera facile de présenter votre offre avec confiance.
Quelles sont les ressources dont je dispose présentement ?
Avant de démarrer une entreprise, il est important de faire l’inventaire des ressources que vous possédez déjà.
Cela peut être :
- l’argent;
- le temps;
- l’énergie;
- les talents;
- les compétences;
- les relations;
- les mentors.
Le piège commence souvent lorsqu’on se compare à un entrepreneur plus avancé. On pense qu’il faut avoir le même visuel, la même équipe ou le même niveau de service à la clientèle.
Je nomme ce phénomène « distorsion cognitive avec de fausses obligations ». On croit qu’il faut absolument faire comme l’autre, que nous devons déjà être plus loin ou que nous devons avoir les mêmes ressources que lui pour performer. À force de vouloir faire comme eux, on finit par tuer le projet dans l’œuf.
Un bon entrepreneur part avec les ressources qu’il a déjà. Ensuite, il faut utiliser sa créativité pour s’améliorer, innover et bâtir une nouvelle version.
Si vous souhaitez un accompagnement, le coaching d’affaires peut aussi vous aider à clarifier vos idées, à structurer vos actions et bâtir votre entreprise avec confiance.
Quels sont mes traits de personnalité ?
Le développement personnel est crucial dans l’entrepreneuriat. Il ne devrait jamais être dissocié de la psychologie, car réussir dans la vente nécessite autant une bonne connaissance de soi qu’une bonne compréhension des autres.
Le modèle du Big Five est utilisé en psychologie. Il présente cinq grands traits de personnalité. Ce ne sont pas des catégories fixes, mais plutôt des curseurs qui peuvent bouger selon les situations. Je vous parle ici de trois d’entre eux.
L’extraversion
L’extraversion vous permet de créer des liens avec les gens, d’aller vers les autres, d’avoir une grande facilité à vous exprimer en public et de partager vos idées.
Une personne plutôt introvertie peut très bien réussir en entrepreneuriat à condition d’apprendre à bouger son curseur vers l’extraversion lorsque la situation le demande.
L’agréabilité
L’agréabilité peut favoriser l’empathie et une bonne écoute. Ce sont des qualités précieuses pour créer des relations de confiance.
Cependant, il est possible que nous ayons envie de plaire à tout le monde, d’être trop gentils, de fixer des prix trop bas ou de laisser certains clients abuser de notre générosité.
La conscienciosité
La conscienciosité permet de se fixer des objectifs, d’être discipliné et d’avoir de la détermination. Elle apporte un peu plus d’ordre et aide à avancer dans ses projets.
Si ces traits de caractère ne sont pas naturels chez vous, cela ne signifie pas que vous devez abandonner. Ça veut simplement dire que vous allez devoir vous ajuster et mieux vous comprendre pour créer un environnement qui vous permettra de progresser.
Plus vous connaîtrez vos forces, vos angles morts et vos automatismes, plus vous pourrez ajuster les curseurs et progresser avec beaucoup plus de clarté.
Se préparer avec plus de clarté
Tout commence par une bonne compréhension de soi. Il est important de faire ses recherches, de se questionner et de faire des tests pour mieux comprendre comment on fonctionne en tant qu’entrepreneur.
Grâce à une meilleure compréhension de moi-même, j’ai pu avancer avec assurance, construire des liens plus profonds et me donner une base solide.
Il n’est pas nécessaire que les réponses à ces questions soient parfaites. C’est un travail continu.
J’aurais aimé qu’on me pose ces questions-là à mes débuts. Mon parcours aurait peut-être été un peu plus doux. Je ne regrette rien, car les épreuves que j’ai surmontées m’ont permis de devenir l’entrepreneur que je suis aujourd’hui.
Si vous souhaitez approfondir vos réflexions et votre projet, je vous invite à découvrir l’Académie ZÉROLIMITE. Vous pourrez y éclaircir vos idées et avancer avec plus de clarté.
Découvrez la vidéo à l’origine de cet article : 8 Questions à se poser avant de lancer son business



